Comment faire un devis de vidéaste
Le modèle fait le calcul ; ce qui fait signer, c'est ce que vous écrivez dedans.
Chiffrer le temps passé sur place, pas seulement le film
Sur un devis de vidéaste, le client regarde surtout le film. Vous savez pourtant que votre prix dépend d'abord des heures passées sur place, puis de celles passées au montage. Écrivez donc la couverture en clair : heure d'arrivée, heure de départ et moments filmés. Pour un mariage, « des préparatifs jusqu'à l'ouverture du bal » parle bien mieux au couple qu'un simple « forfait journée ». Pour une entreprise, dites s'il s'agit d'une plénière filmée en entier, d'une demi-journée de captation ou de quelques interviews dans un bureau.
Prévoyez aussi le jour où tout déborde. La cérémonie commence en retard, le dîner s'étire : sans ligne prévue, soit vous restez sans être payé, soit vous partez avant la première danse, et quelqu'un sera déçu. Une ligne « heure supplémentaire sur place » avec son prix règle la question avant le jour J. Si vous venez avec un second cadreur, donnez-lui sa propre ligne : le client voit ce qu'il paie et peut le retirer si son budget est serré. Pour fixer le montant de ces heures, notre article sur le tarif d'un vidéaste de mariage vous aidera.
Un montage par ligne : film long, clip court, teaser
L'erreur la plus fréquente, c'est la ligne unique « film de mariage ». Le couple imagine un film, vous en livrez trois, et personne ne parle de la même chose. Séparez chaque montage : le film long qui raconte la journée, le clip court qui en garde les plus beaux moments, le teaser que les mariés partagent vite avec leurs proches. Pour chacun, donnez une durée approximative. Sans elle, le film long devient dans la tête du client la journée entière, discours compris.
Indiquez ensuite le délai de livraison de chaque montage, compté à partir de la date de l'événement : le teaser arrive en général bien avant le film long. Précisez la forme de la livraison (lien de téléchargement, format, version verticale pour le téléphone si vous la proposez) et dites si les rushes sont fournis, car beaucoup de clients pensent les recevoir d'office. Les demandes qui reviennent souvent, comme la cérémonie laïque en intégralité ou les discours non coupés, méritent une ligne d'option plutôt qu'une promesse faite au téléphone.
En entreprise, la même règle vaut pour les déclinaisons : captation complète de la conférence, montage court pour le site, formats pour les réseaux sociaux, version sous-titrée. Chaque version demande du temps de montage, elle a donc sa ligne.
Corrections : combien d'allers-retours, et ce qui se passe après
Un film se valide rarement du premier coup, et c'est normal. Ce qui crée les tensions, c'est le flou. Écrivez le nombre d'allers-retours compris pour chaque montage, puis le prix d'une correction supplémentaire. Expliquez aussi ce qu'est un aller-retour : le client regroupe ses remarques dans un seul message, vous les intégrez, vous renvoyez une nouvelle version. Plusieurs messages envoyés le même soir ne font pas plusieurs corrections, mais cela se dit dans le devis, pas au moment où ils arrivent.
Tracez aussi la limite entre correction et nouveau montage. Retirer un plan, raccourcir un discours, corriger un nom dans un titre : ce sont des corrections. Changer la musique de tout le film ou repartir sur une autre structure, c'est un autre travail, chiffré à part. En entreprise, demandez qui valide : quand plusieurs services donnent leur avis l'un après l'autre, les allers-retours compris s'épuisent vite. Votre contrat de vidéaste peut détailler ces règles, mais le devis doit au moins les annoncer.
Drone et musique : deux options à cadrer par écrit
Les prises de vue aériennes ont leur place en option, sur une ligne à part : le client voit ce qu'elles ajoutent au total et peut s'en passer. Ajoutez qu'elles dépendent du lieu, de la météo et des autorisations, puis dites ce qui se passe si le drone reste au sol ce jour-là (option non facturée, ou remplacée par autre chose). Le jour où le vent se lève, vous n'aurez rien à négocier.
La musique mérite la même clarté. Indiquez qui choisit les morceaux et d'où ils viennent, par exemple la bibliothèque musicale sous licence avec laquelle vous travaillez. Beaucoup de couples arrivent avec le titre de leur entrée en tête : dites sur le devis si vous pouvez l'utiliser et à quelles conditions, plutôt que de le découvrir au montage. Un film publié avec un morceau du commerce peut aussi être signalé par la plateforme qui l'héberge, mieux vaut en parler avant la livraison.
Déplacement, repas, nuit d'hôtel : ce qui se chiffre aussi
Un mariage à l'autre bout de la région, c'est de la route avant le tournage et souvent après minuit. Mettez les frais de déplacement sur leur propre ligne, avec leur mode de calcul (au kilomètre ou au forfait, péages compris ou non). Si le tournage commence tôt ou finit tard loin de chez vous, prévoyez la nuit d'hôtel. Notre article pour facturer ses frais de déplacement détaille les façons de les présenter.
Pensez enfin au repas de l'équipe le jour J. Si le traiteur ne vous a pas prévu, vous filmez le ventre vide ou vous ratez le premier toast en allant chercher un sandwich : une phrase sur le devis suffit à le rappeler au couple. Pour une captation d'entreprise, notez l'accès au lieu, le stationnement et l'heure à laquelle vous pouvez installer le matériel. Cet outil, offert gratuitement par Noxio, vous permet de poser toutes ces lignes sur un document propre, et vous trouverez d'autres repères sur notre page dédiée aux vidéastes.
